19 mai 2026

On parle beaucoup de carbone, d'émissions, de neutralité climatique. Mais il y a un autre enjeu qui monte vite, qui est déjà là, et qui va percuter les stratégies des entreprises bien plus tôt que prévu : l'eau.
Rivières, lacs, nappes phréatiques... la France a longtemps incarné l'image d'un pays épargné par les tensions sur la ressource en eau. Cette certitude vole en éclats sous l'effet du changement climatique et de l'effet de serre qui accélère la déstabilisation des cycles hydrologiques.
Selon le Haut-Commissariat au Plan, d'ici 2050, 88 % du territoire métropolitain connaîtra fréquemment des situations de tension hydrique en été, même dans le scénario le plus ambitieux de rupture des usages, 64 % du territoire restera en stress hydrique estival. L'été 2022, avec des restrictions touchant 86 % du territoire, semblait exceptionnel mais il pourrait en fait devenir la norme. Aujourd'hui, 10 départements français sont en état de crise hydrique, et 9 autres en alerte renforcée sécheresse (Eaufrance, 2025).

Première idée reçue à corriger : l'eau ne serait un sujet que pour l'agroalimentaire ou le textile. En réalité, l'eau est un intrant présent à toutes les étapes de la chaîne de valeur, de l'extraction à la consommation finale, y compris dans les secteurs qui ne s'en croient pas dépendants.
À l'échelle mondiale, 70 % des prélèvements d'eau proviennent des chaînes agricoles, 19 % de l'industrie. D'après le CDP Water Watch, les secteurs les plus exposés sont l'agroalimentaire, le textile, l'énergie, la chimie, l'extraction minière, les semi-conducteurs, la cosmétique et le pharma. Il n'est alors pas étonnant que 3 emplois sur 4 dans le monde dépendent d'un approvisionnement fiable en eau.
Ce qui est moins évident c'est qu'une entreprise qui utilise peu d'eau en direct peut être très fortement exposée via ses fournisseurs. Le risque hydrique est d'abord un risque de chaîne de valeur, avant d'être un risque matériel et opérationnel direct. Les chiffres parlent d'eux-mêmes :
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Un secteur illustre parfaitement l'angle mort hydrique : le numérique. Un datacenter de 1 MW consomme jusqu'à 25,5 millions de litres d'eau par an uniquement pour le refroidissement de ses serveurs, l'équivalent de la consommation quotidienne de 300 000 personnes (Revue scientifique Nature, 2021). Selon l'Agence Internationale de l'énergie, cette consommation pourrait plus que doubler d'ici 2030 pour atteindre 1 200 milliards de litres par an, soit l'équivalent d'environ 480 000 piscines olympiques.
C'est précisément cette réalité qui a conduit des entreprises comme Norsys, ESN de 700 collaborateurs, à reposer la question fondamentale : au-delà de réduire sa consommation propre, comment contribuer à restaurer la ressource elle-même ?

L'adaptation au changement climatique ne relève plus seulement d'une démarche volontaire, parce que le cadre réglementaire contraint désormais les entreprises à agir, et à en rendre compte. Ainsi, la CSRD impose la publication de données de durabilité selon les normes ESRS, dont l'ESRS E3, spécifiquement dédié à l'eau et aux ressources hydriques. La mise en place du calendrier est précise :
Sans stratégie eau documentée, c'est aujourd'hui un risque de non-conformité. Surtout vu que depuis janvier 2026, c'est aussi un critère d'exclusion des marchés publics. Du côté des investisseurs, la pression suit la même trajectoire. Le Science Based Targets Network (SBTn) propose désormais des objectifs eau validés scientifiquement, comme le SBTi l'a fait pour le carbone. Mais pour comprendre pourquoi cette pression réglementaire monte aussi vite, il faut regarder ce qui se passe dans les champs, là où la tension sur la ressource est la plus visible, et percutante.
L'agriculture n'est pas un acteur parmi d'autres dans cette crise. Elle en est le cœur, et paradoxalement, elle en est aussi la principale victime.
Selon WWF, l'agriculture française consomme 61 % de l'eau douce du territoire métropolitain, alors que seulement 7 % des terres agricoles sont irriguées. Contrairement à l'industrie, elle ne restitue pas l'eau prélevée : elle est absorbée par les plantes ou s'évapore, d'où une pression structurellement disproportionnée sur la ressource. De même, les surfaces irriguées ont progressé de +23 % entre 2010 et 2020 à l'échelle nationale, de +78 % dans le bassin Artois-Picardie, une dépendance croissante (SDES, 2024).
Le paradoxe est saisissant : le modèle agricole intensif a non seulement consommé l'eau, il a aussi détruit la capacité des sols à la retenir, aggravant la crise qu'il subit lui-même. C'est précisément ce mécanisme qui fait de l'agriculture à la fois le nœud du problème et le levier de la solution.

Face à ce tableau, d'un côté le risque eau dans les chaînes de valeur des entreprises, de l'autre la dégradation des systèmes agricoles sous l'effet du changement climatique et de l'intensivité en ressources du modèle de production, émerge une approche qui agit sur les causes profondes du problème : l'agriculture régénératrice. Son principe est simple dans son mécanisme et considérable dans ses effets.
En effet, un sol vivant, riche en matière organique, agit comme une éponge : il capte l'eau de pluie, la stocke en profondeur, la restitue progressivement aux plantes, aux eaux de surface et aux nappes. Alors qu'un sol compacté, appauvri, laissé nu fait l'inverse : il laisse l'eau ruisseler, s'évaporer, emporter la terre avec elle. À l'échelle des millions d'hectares agricoles français, le potentiel de restauration est considérable.
La mise en œuvre de l'agriculture régénératrice repose sur des pratiques documentées et mesurables :

Ces pratiques ne relèvent pas de l'utopie agronomique. Elles sont mesurables, vérifiables, et leur mise en place est déjà en cours à grande échelle. Pour une entreprise, financer l'agriculture régénératrice n'est pas un geste philanthropique, c'est agir directement sur son propre enjeu eau et sécuriser sa chaîne de valeur en amont.
Norsys est une entreprise de services numériques de 700 collaborateurs, certifiée B Corp depuis 2019, qui mesure son bilan carbone depuis 2007, l'une des rares ESN françaises à afficher 1,3 tCO₂e/an/salarié, parmi les plus bas du secteur. Face à la limite des projets forestiers, une forêt met 40 ans à se développer, et devient de plus en plus vulnérable aux aléas climatiques, Norsys a choisi de se tourner vers une autre approche, et vers l'eau.
Leur connexion avec cette ressource est directe puisque les datacenters qu'elle opère consomment des volumes massifs d'eau pour refroidir leurs serveurs. Avec l'explosion de l'IA, cette consommation croît exponentiellement. Financer la préservation de la ressource en eau n'est donc pas, pour Norsys, une posture RSE, c'est une réponse à un enjeu sectoriel réel.
Via ReSoil, Norsys finance la transition de Damien, agriculteur en grandes cultures (blé, colza, maïs, lentilles, tournesol…) sur 265 hectares dans la Vienne, vers l'agriculture de conservation des sols : arrêt du labour, semis direct, couverts végétaux, introduction de légumineuses. Les résultats de son projet sont documentés et concrets sur l'enjeu eau :

Pour Thomas Breuzard, Directeur Permaentreprise chez Norsys, cette démarche de contribution l'eau s'inscrit pleinement dans la chaîne de valeur de Norsys : "Lorsque ReSoil nous a présenté ce projet capable de réduire de près de 88 % la consommation d'eau tout en maintenant le rendement agricole, cela correspondait parfaitement aux objectifs que nous nous étions fixés."
Thomas souligne également que les bénéfices de ces projets d’agriculture régénératrice dépassent largement les seuls enjeux liés à l’eau ou au carbone. Ils renforcent l’engagement et la fierté des collaborateurs, constituent un argument RH différenciant et apportent davantage de crédibilité auprès des clients dans l’accompagnement à la transition écologique. Pour en savoir plus sur le projet de Damien, cliquez ici pour découvrir son témoignage.
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L'avenir des stratégies de durabilité se joue autant sur l'eau que sur le carbone, et le calendrier réglementaire, lui, ne laisse pas de marge. Construire un plan eau n'est plus une démarche d'avant-garde : c'est une condition d'opérabilité. Trois questions concrètes pour commencer :
Si ces questions résonnent dans votre organisation, vous êtes probablement au bon moment pour construire une réponse structurée.