06 juillet 2026

Les déplacements professionnels font partie du scope 3, et pourtant, ils sont souvent les derniers à entrer dans une stratégie climat. Pas par manque de volonté, mais parce que le sujet semble complexe à chiffrer et délicat à aborder sans donner l'impression de restreindre la liberté des équipes.
C'est un angle mort coûteux. L'aviation seule représente 5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et nous sommes aujourd'hui à environ 12 tonnes de CO2 équivalent par personne et par an en Europe, contre un objectif de 2 tonnes pour tenir les accords climatiques. Pour les entreprises dont les équipes voyagent régulièrement, la mobilité est l'un des postes les plus impactants du scope 3, et l'un des plus actionnables. Mais encore faut-il savoir par où commencer.
La première étape, c'est le calcul. Vouloir réduire son empreinte carbone sans données précises, c'est vouloir suivre un régime sans jamais se peser.
Des outils comme Act4Travel Scanner de GreenTripper analysent automatiquement un plan de déplacement grâce à l'IA, et en extraient l'empreinte carbone poste par poste : transport, hébergement, activités, alimentation, gestion des déchets. Mais la plateforme va plus loin en identifiant aussi les postes les plus impactants et proposant des alternatives chiffrées. Ce niveau de granularité change ainsi la conversation en interne : on ne parle plus de "faire des efforts", mais d'arbitrages précis sur des postes identifiés.

Une fois les données en main, les solutions de réduction deviennent concrètes. Il n'existe pas un levier unique mais c'est la mise en place de tous les leviers qui produit un impact significatif :
La réduction ne signifie pas arrêter de voyager. Elle signifie voyager mieux, avec des décisions éclairées, et mettre en place des règles claires au niveau de l'entreprise.
Avant de parler contribution, un point de contexte essentiel. Imaginez l'atmosphère comme une baignoire : le robinet, ce sont toutes nos émissions de gaz à effet de serre, industrie, transport, énergie, agriculture. Le tuyau d'évacuation, ce sont les puits de carbone, les forêts, les océans, et surtout les sols agricoles. Cependant, aujourd'hui, le robinet coule plus vite que l'évacuation ne fonctionne et par conséquent, le niveau de l'eau monte, c'est le réchauffement climatique.
Ce point est fondamental : même en réduisant fortement les émissions, tant que le débit d'entrée dépasse le débit de sortie, la baignoire continue de se remplir. C'est pourquoi régénérer les puits de carbone est aussi important que réduire les émissions, ce sont deux actions complémentaires, à déployer en parallèle.
En France, la Stratégie Nationale Bas Carbone fixe un objectif double d'ici 2050 : diviser par 6 les émissions ET multiplier par 2 les capacités de stockage. Selon l'INRAE, 86% du potentiel de stockage additionnel se trouve dans les sols agricoles, soit jusqu'à 20 millions de tonnes de carbone récupérables en changeant les pratiques. L'agriculture est aujourd'hui le premier puits de carbone activable en France.
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Après avoir mesuré et réduit, une part des émissions de GES résiduelles reste incompressible. C'est là qu'intervient la contribution carbone : financer des projets qui séquestrent ou évitent des émissions là où l'entreprise ne peut pas agir directement. Les crédits carbone ont mauvaise presse, souvent à juste titre. Mais un crédit carbone de qualité est un outil sérieux, à condition qu'il respecte cinq critères : additionnalité (le projet n'aurait pas existé sans ce financement), mesurabilité, permanence, unicité (un crédit vendu une seule fois), et transparence vérifiée par un tiers indépendant.
En France, le Label bas-carbone du ministère de la Transition écologique est la référence. Les projets sont certifiés par les DREAL, audités par des organismes comme Ecocert ou Bureau Veritas, et tracés dans un registre public. C'est le cadre qui permet aux entreprises de valoriser leur contribution dans leur reporting CSRD sans risque de greenwashing. Un exemple concret : Benoît et Jérôme, deux frères agriculteurs dans le nord de la France accompagnés par ReSoil, ont engagé trois évolutions de pratiques, passage au semis direct, développement des couverts végétaux sur 70% de leurs surfaces, et réduction de 20-30% des intrants. Résultat : 1 109 tonnes de CO2 séquestrées, soit une réduction de 31% de l'empreinte carbone de leur exploitation en 5 ans. Ce type de transformation agricole a un coût sans gain économique immédiat, c'est exactement là que le financement des entreprises prend tout son sens.

Décarboner sa mobilité n'est pas qu'une contrainte réglementaire. C'est un levier de performance :

Vous souhaitez évaluer l'empreinte carbone de vos déplacements professionnels ou explorer des projets de contribution adaptés à votre secteur ? Prenez contact avec nos équipes.